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Webinaire : Mixité, de l'école à l'emploi.

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Le 16 mars 2021 à 14h, l’Université de Lorraine aura le plaisir d’accueillir Isabelle Collet en tant que grand témoin de la web-rencontre .

À propos de cet événement

L'Université de Lorraine, au travers de sa Direction de l'Entrepreneuriat et des Partenariats Socio-économiques et de la Mission Egalité-Diversité-Inclusion, en collaboration avec les Délégations Départementales aux Droits des Femmes et à l'Egalité et le Rectorat de l'Académie de Nancy-Metz vous invitent à la prochaine édition des RDV UL Connectés :

Mixité, de l'école à l'emploi,

mardi 16 mars 2021, à 14h.

Isabelle Collet est Professeure à la section des sciences de l’éducation de l’Université de Genève où elle dirige l'équipe G-RIRE : Genre - Rapports intersectionnels, Relation éducative.

Informaticienne scientifique de formation, elle a soutenu en 2005 un doctorat en sciences de l'éducation à l’Université Paris-Ouest Nanterre La Défense sur "La masculinisation des études d'informatique".

Après avoir longuement travaillé sur la question du genre dans les sciences et techniques, elle explore aujourd’hui plus largement les questions de mixité à l'école et la manière dont les différents rapports sociaux s'entrecroisent dans le domaine de l'éducation et de la formation. Ses interventions auprès des enseignant·es et futur·es enseigant·es portent sur la mise en œuvre une véritable pédagogie de l'égalité.

La Direction de l’Entreprenariat et des Partenariats Socioéconomiques a eu le plaisir d’échanger avec elle.

Isabelle Collet a confié qu’après avoir réalisé son doctorat, la question du genre dans le numérique ne trouve pas son terrain. Il faudra ainsi attendre plus d’une dizaine d’année pour que les professionnels de divers milieux, et plus largement le grand public, s’intéressent à cette question et cherchent des solutions à cette problématique longtemps restée en arrière-plan.

En 2011, Isabelle Collet conclue Effet de genre : le paradoxe des études informatiques par « Peut-être faudra-t-il définitivement abandonner le terme « informatique », à la fois trop chargé et trop vague, pour ne parler que des métiers des Technologie de l’information et de la communication ? Ainsi, des femmes et des hommes pourront effectuer un choix éclairé pour les filières des STIC en fonction de la réalité des métiers auxquels elles préparent et non en se laissant leurrer par la prégnance du stéréotype de l’informaticien. Mais simultanément, les entreprises, si elles veulent réellement réaliser une certaine mixité au sein des équipes, ne doivent pas simplement favoriser l’embauche de femmes, mais être également vigilantes au déroulement de leur carrière, afin de donner des modèles d’identification positive à tous les niveaux de management ».

Ici est mis en avant une problématique de définition du travail numérique. En effet, celui-ci pâtit d’une mauvaise presse qui l’imagine seulement comme informaticien alors qu’il peut être lié au travail de secrétariat comme celui de comptabilité. L’imaginaire collectif, à force de communiquer sur un travail dur et froid qui nécessite de travailler en loup solitaire, a construit des stéréotypes de genre sur ce travail numérique. En réalité, il requiert toute une palette de compétences qui ne sont pas suffisamment mises en valeur.

En plus de cette problématique de sémantique, ce secteur a pendant longtemps porté des stéréotypes qui valorisent le travail attribué aux hommes. En leur attribant des caractéristiques masculines, les femmes souhaitant intégrer ce type de travail se trouvent marginalisées, développant des caractéristiques au travail jugées négativement par leurs pairs.

C’est un travail de fond et d’accompagnement qui doit être réalisé par les entreprises. Mais, c’est aussi un travail de socialisation qui doit démarrer à la petite enfance pour finir avec ces attributions d’emploi typiquement féminins ou masculins.

Isabelle Collet raconte un fait marquant sur cette thématique :

« Lors d’un congrès en sciences de l’éducation, une équipe de chercheur·es et de praticien·nes vient nous présenter une recherche-action mise en place dans une école primaire. Les élèves ont appris à programmer des parcours sur des robots. Présenté comme une innovation, ce dispositif est juste une version moderne des tortues logo, mises en place par l’Éducation nationale dans les années 1980 dans le cadre du Plan IPT (Informatique Pour Tous), afin d’initier à la programmation les enfants des écoles primaires.

Deux robots aux fonctionnalités identiques étaient à disposition des enfants : des coccinelles et des voitures. L’équipe présente les savoirs à acquérir et décrit la manière dont les élèves se les sont appropriés. À la fin de la présentation, je pose une question : « Si je ne doute pas que filles et garçons ont pu acquérir les mêmes compétences dans cette expérience, qu’en est-il de leur rapport aux savoirs numériques ? » Immédiatement sur la défensive, une des enseignantes présentes me dit que les filles ont réussi tout aussi bien que les garçons parce que, contrairement aux idées reçues, elles n’ont pas de problème avec l’informatique. Je réponds qu’en tant qu’informaticienne, je ne doutais pas des compétences des filles, mais je reprécise que ma question ne portait pas sur les savoirs, mais sur le rapport aux savoirs.

L’un des chercheurs prend alors la parole pour me détailler le fonctionnement des ateliers. Tout d’abord, les garçons se sont précipités vers les voitures et, bien que les filles aient eu l’air pleinement satisfaites avec les coccinelles, on comprend qu’il s’agissait tout de même d’un choix par défaut. La suite de l’atelier s’est très bien passé, me dit-on. Pour ne pas être embêtées par les garçons, les filles se sont mises dans un coin avec leur robot. Elles ont programmé en autonomie (comprendre : toutes seules) et y sont très bien parvenues elles aussi.

J’ai donc eu ma réponse sur le rapport aux savoirs : les filles ont appris que les garçons ont le droit de prendre toute la place quand on parle technique, ils sont prioritaires pour le choix du matériel, prioritaire pour avoir des informations de la part des enseignant·es et légitimes pour empiéter sur le territoire des filles. Les filles peuvent tout à fait faire de l’informatique aussi, du moment qu’elles se contentent des restes et qu’elles se font oublier jusqu’au moment où on viendra vérifier qu’elles ont bien travaillé.

Le plus inquiétant, c’est que l’équipe a considéré que tout s’était très bien passé. Peu importe finalement le dispositif mis en place, si les intervenant·es qui le mettent en œuvre ne sont pas formé·es aux questions d’égalité.»

Extrait du livre : Isabelle Collet, « Les oubliées du numérique », 2019 aux Editions Le Passeur

Pour réfléchir à ces questions et avoir les témoignages de divers secteurs, les communautés de la DEPAS vous invitons à vous inscrire à cet événement.

Cet article vous est proposé par la Direction de l’Entreprenariat et des Partenariats Socioéconomiques dans le cadre des newsletters trimestrielles des communautés thématiques Egalité, Diversité, Inclusion (laure-elise.briois@univ-lorraine.fr), Autonomie et Qualité de vie (chloe.guillaume@univ-lorrainre.fr), Industrie du futur (thierry.daunois@univ-lorraine.fr) et Bioéconomie (lucie.cesca@univ-lorraine.fr).

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