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Conférence inaugurale : «Comment notre cerveau perçoit-il les œuvres d'art»

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Villa Arson

20 Avenue Stephen Liegeard

06100 Nice

France

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Conférence « Comment notre cerveau perçoit-il les œuvres d'art ?» du Dr Pierre Lemarquis suivie d'un concert «La musique à travers les âges»

À propos de cet événement

« Comment notre cerveau perçoit-il les œuvres d'art ? » par le Dr Pierre Lemarquis, neurologue, neurophysiologiste, attaché d’enseignement (éthologie) à l’Université de Toulon, membre du  groupe de recherche sur « Résilience et Vieillissement » d’Aix-en-Provence.

Aimer Jeff Koons protège-t-il de la maladie d’Alzheimer ? Les patients Alzheimer ont-ils des goûts esthétiques différents de ceux d’une population témoin ? En perdant  leur mémoire culturelle qui nous influence et nous entrave,  accéderaient-ils à des éléments qui nous dépassent ? Le classement établi par un groupe de patients montre un choix préférentiel pour le « flower balloon » de Jeff Koons. Quelles en sont les raisons ?  L’œuvre volumineuse ressemble à un ballon de baudruche gonflé qui évoque le monde de l’enfance. On peut aussi y voir de gigantesques seins maternels, première œuvre d’art à laquelle nous sommes confrontés selon Darwin, à la fois érotique, gastronomique et esthétique. Le  petit goéland  s’intéresse fortement à la tache rouge sur le bec de sa mère qui annonce son repas mais préférera un leurre de plus grandes dimensions, sa mère couvera plus volontiers un œuf factice s’il ressemble au sien mais en plus volumineux : c’est la loi  de  du changement maximal qui fait le bonheur des caricaturistes.

La couleur jaune dorée de la sculpture de Koons est celle que recherchait Van Gogh lorsqu’il voulait nous offrir le soleil, on la retrouve dans les études d’expression colorée de l’humeur chez les aphasiques : elle représente la quiétude alors que le gris et le noir signalent l’anxiété et la dépression. La simplicité de l’œuvre permet également à l’attention de ne pas se disperser (loi de neuroesthétique dite de « la litote ») et l’on y retrouve même la fameuse « ligne serpentine », essence ultime de la beauté chère à Michel-Ange et à la Renaissance. Enfin elle est parfaitement réfléchissante, l’attirance pour une œuvre étant souvent liée à l’impression consciente ou non de familiarité qu’elle nous procure, en résonance avec notre biographie.

Les neurones miroirs couplés aux circuits du plaisir et de la récompense peuvent fournir un support neuronal à l’empathie esthétique, au ressenti de l’intérieur cher aux philosophes qui orientera les patients vers la quiétude promise par l’œuvre de Koons. Elle revêt alors une dimension thérapeutique. C’est peut-être pour cette raison que les patients entrent également en résonance avec les champs colorés des toiles de Mark Rothko, lui qui a tant appris des enfants et a traversé seul les États-Unis à la recherche de son père avec une pancarte autour du cou indiquant « je ne parle pas votre langue ».

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Conférence couplée à la visite commentée des expositions de la villa Arson (à partir de 14h30, entrée libre sans réservation, inscription recommandée) et suivie d’un concert (18h00) donné par l’Orchestre d’harmonie de Cannes Sophia Antipolis Casa’rmonie sur le thème « La musique à travers les âges », selon le programme suivant :

Pour la préhistoire : Prelude and Primal Dance « think Neandertal »  de Ed Huckeby

Pour l’antiquité : Hephaïstos de Thierry Muller

Pour le Moyen Age : William Byrd Suite de Gordon Jacob

Pour le XVIIIème siècle : English Folk Songs de Ralph Vaughan Williams

Pour le XIXème siècle : The magnificent seven d’Elmer Bernstein

Pour le XIXème siècle : Bohemian Rhapsody de Queen

Et pour le futur : Star Trek de Michael Giacchino

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La conférence du Dr Pierre Lemarquis sera suivie d’une séance de dédicaces.

L’après-midi se clôturera par un cocktail dinatoire offert à tous.

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Description des expositions commentées par les étudiants de la Villa Arson

Sol Calero. A partir de son héritage sud-Américain (Vénézuela), Sol Calero (vivant désormais à Berlin) construit des œuvres mêlant peinture et sculpture qui forment un syncrétisme issu de sa propre migration. Toujours inscrites dans l’espace et en lien avec l’architecture, ses peintures de fruits et végétations exotiques, motifs de cadres peints sur la toile, sculptures reprenant les formes des ex-voto et peintures murales encadrées, sont une façon de réfléchir aux regards que l’on porte sur le monde en fonction de ses origines.

Zora Mann, née en 1979 à Amersham (Royaume-Uni) est une ancienne élève de la Villa Arson, diplômée en 2009. Elle vit à Berlin. Son travail, avant tout basé sur la peinture, explore ses origines et son identité tout en analysant ce que produisent les cultures sur notre vie. Ses œuvres souvent colorées apparaissent culturellement codés par leur symbolisme folklorique, mais surmontent les modèles établis et les attributions d’identification. L’ornementation provient plutôt de son imagination, de ses souvenirs d’enfance et de ses rêves, et mélange des éléments de l’art tribal, de la science-fiction et de la pop.

Shailesh BR. The Last Brahmin / Le Dernier Brahmane. L’artiste indien Shailesh BR (né en 1986 à Ségara (Inde du sud), vit et travaille à Delhi et se considère comme le dernier brahmane de sa famille. Il invite à la fois à une incursion dans l'univers ancestral des castes en prise avec le monde contemporain et à une immersion dans un espace vivant avec ses rites et ses traditions. Une exposition à travers laquelle l'artiste va vivre une « extrospection spirituelle », en restituant l’espace d’une maison brahmane, avec ses objets et ses rituels réinterprétés et une ponctuation du temps. L'exposition sera évolutive, avec un début et une fin.

Kristof Everart. Entropie du territoire. « En tant qu’artiste, j’emprunte à la science et j’interroge les différents concepts d’occupation des territoires. J’expérimente et développe différents procédés numériques et plastiques. Mon souhait n’est pas de traduire les phénomènes physiques et scientifiques par des illustrations. Il s’agit pour moi de réaliser des œuvres présentées régulièrement sous forme d’installations. » K.E. Lors d’une résidence à L’INRIA – Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Sophia-Antipolis), organisée en partenariat avec UCA – Université Côte d’Azur, Kristof Everart a travaillé durant un an sur les flux de déplacements associés aux ondes électromagnétiques sur une zone de Nice à Marseille. Des études et des expérimentations ont permis l’émergence d’un travail artistique qui retranscrit visuellement ces impacts humains sur ce territoire.

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